Du 4 au 26 novembre 2025
4 Projections
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filmsLe thème Métamorphoses résonne comme une invitation à explorer les multiples formes de transformations qui traversent et façonnent nos vies et nos sociétés.
Au niveau de l'individu, Thomas Balmès dresse le portrait d'une transition intime dans Sing Me a Song (mardi 4 novembre) où il suit Peyangki, un jeune moine bouddhiste dont le monastère se retrouve bouleversé par l'arrivée récente d'Internet. Les rituels quotidiens des moines se retrouvent aux prises avec les smartphones et l'addiction aux écrans dans ce long-métrage où la limite entre documentaire et fiction est ténue.
Et si l'on parle beaucoup d'addiction dans le cadre des jeux vidéos, c'est bien davantage le pan social qu'explore le trio de réalisateurs du film Knit's Island (mercredi 12 novembre). Croisement improbable entre le jeu vidéo et le documentaire, l’œuvre explore avec bienveillance et tendresse les rapports que l'on peut tisser avec et dans un univers virtuel, symboles de métamorphoses collectives, sociales et culturelles.
Ce questionnement sur l'identité à l'ère du numérique trouve un écho particulier dans Mémoire morte (jeudi 20 novembre), de Quentin Sombsthay ; après avoir récupéré un disque dur appartenant à Florian, un adolescent des années 2000 qu’il ne connaît pas, le réalisateur explore les discussions MSN et les photos qu’il contient et l'invitent à réfléchir sur la mémoire numérique et les traces que nous laissons. C'est aussi l'un des enjeux de En attendant les robots (jeudi 20 novembre) de Natan Castay, une enquête teintée d'humour sur ces travailleurs surnommés " Turkers ", qui floutent un à un les visages présents sur " Google Street View ".
Cette métamorphose de l'individu au travail, isolé mais pourtant en communauté, est au cœur du dernier film que nous projetterons, Present Perfect (mercredi 26 novembre), de Shengze Zhu. L'autrice chinoise témoigne de la révolution technologique en cours en Chine où un peuple, décomposé par l'alliance de l'État totalitaire et du capital, se recomposerait cependant en communautés virtuelles et en multitudes connectées via les nouveaux médias du web, les smartphones et les plate-formes de « live-streaming ». Un film de montage qui témoigne enfin des métamorphoses mêmes du cinéma documentaire, qui à travers sa capacité unique à capter la réalité, devient un espace d’expérimentation où le montage est un outil de transformation, où la construction narrative réinvente les codes, et où l’image elle-même devient le miroir de ces métamorphoses infinies.
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