15e ÉDITION NOVEMBRE 20143000 projections en France et dans le Monde

Bestiaire de Denis Côté © Le Fresnoy
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Histoires animales

Sélection par les Enfants de cinéma - dès 6 ans

Les enfants de cinéma fête ses 20 ans en 2014 ! Belle occasion de les associer au Mois du documentaire, afin de se poser ensemble la question de quels documentaires montrer aux enfants. Des films documentaires, aux formats parfois singuliers, savent proposer une approche sans enclave du réel au cinéma, qui donne envie de les partager avec un jeune public.

C’est ce regard transversal que Les enfants de cinéma proposera à travers un choix de films pensé pour des séances jeunes publics à partir de différents âges.

Ces films d’essai, à leur sortie au cinéma, ont pu ici ou là être expérimentés auprès d’enfants du primaire, en séances scolaires ou hors-temps scolaire. Mais de là à les proposer comme films “jeune public” ou à que ces oeuvres intègrent un catalogue national tel que celui d’Ecole et cinéma... Ça gratte !

Et si ce qui agite et questionne les adultes, ne pouvait trouver meilleur réponse qu’en les montrant aux enfants spectateurs puis en leur donnant la parole ? Programmateurs, parents, animateurs : à vous de jouer !

Le thème de cette année sera Histoires animales, Avec comme “films qui grattent” : Bestiaire, Nénette, Le Territoire des autres, Bovines.

Parallèlement, les Enfants de cinéma proposera aux coordinations du dispositif national "Ecole et cinéma" de participer au Mois du film documentaire, en privilégiant la programmation d’un documentaire du dispositif dans leurs salles, pour les écoles et pour des rencontres en séances publiques.

Les films proposés :

Bestiaire de Denis Côté

Bestiaire de Denis Côté

(2012 / France / 72’ / Le Fresnoy) - Soutenu par la commission de sélection d’Images en bibliothèques

L’hiver au Québec, des animaux dans un zoo. Des jeunes gens qui dessinent une biche empaillée. Un atelier de taxidermiste où prend forme ce qui fut un canard. Comment regarder un animal ? Comment le filmer ?

Ni essai ni documentaire narratif, Bestiaire est mis en images par une caméra qui établit entre les animaux, les soigneurs et nous, une étrange relation où le plaisir contemplatif laisse sourdre une obscure inquiétude, portée à son comble par une mise en espace sonore agressive.

Vivants et morts, humains et animaux, employés de taxidermie et pin-up épinglée sur son mur : qui est véritablement objet du regard de l’autre ? Qui en a peur ?


« Images toujours bien cadrées, très longs plans fixes. Pas de paroles, uniquement les bruits, sons métalliques, mécaniques des portes, des grilles contre lesquelles les animaux se heurtent. La présence des hommes qui travaillent dans ce parc pour les observer, les nourrir, les soigner… et ceux qui viennent en tant que visiteurs avec leur progéniture. Une grande tristesse se dégage de ce très beau film. » Sylvie Berthon, BM Vincennes - Membre de la commission de sélection d’Images en bibliothèques


L’originale et mystérieuse beauté du film réside alors dans sa manière (...) de laisser libre cours au surgissement poétique d’imaginaires variés que déclenchent les simples mouvements de ces animaux. De faire d’un zoo le plus bel écrin du cinéma.” Les Inrockuptibles


Le projet du film dépasse le simple pamphlet contre les parcs zoologiques. Il pose un regard curieux sur une arche de Noé qui paraît s’être échouée dans une nature devenue artificielle. Comme posés sur le vide, en suspension, les animaux et les hommes attendent, pris dans une lente mécanique de l’absurde.” Les Cahiers du cinéma

Bovines de Emmanuel Gras

Bovines de Emmanuel Gras

2012 / France / 64’ / Batysphère production

Dans les champs, on les voit, étendues dans l’herbe ou broutant paisiblement. Grosses bêtes placides que l’on croit connaître parce que ce sont des animaux d’élevage.

Lions, gorilles, ours ont toute notre attention, mais a-t-on jamais vraiment regardé des vaches ? S’est-ont demandé ce qu’elles faisaient de leurs journées ? Que font-elles quand un orage passe ? Lorsque le soleil revient ? A quoi pensent-elles lorsqu’elles se tiennent immobiles, semblant contempler le vide ? Mais, au fait, pensent-elles ?

Au rythme de l’animal, au milieu d’un troupeau, "Bovines" raconte la vie des vaches, la vraie.


Sans les caméras-microscopes de "Microcosmos" mais avec beaucoup de patience, le moindre détail de la vie au grand air prend un sens poétique et cosmique : l’oeil bovin forme une galaxie, la mise bas d’un veau y est tranquille et un sac en plastique flottant devient un mystérieux émissaire pour nos stoïques colocataires.” Les Cahiers du cinéma


Il y a tout lieu de penser que les vaches sont moins fascinées par le passage des trains que les spectateurs regardant se dérouler sur l’écran le superbe premier film d’Emmanuel Gras (...), sachant observer l’animal, sa force tranquille, sa nonchalance troublante, mais aussi presque tactilement nous faire sentir la nature.” Positif

Nénette de Nicolas Philibert

Nénette de Nicolas Philibert

2010 / France / 70’ / Les films du losange

Née en 1969 dans les forêts de Bornéo, Nénette vient d’avoir 40 ans. Il est très rare qu’un orang-outan atteigne cet âge-là ! Pensionnaire à la ménagerie du Jardin des Plantes - à Paris - depuis 1972, elle y a aujourd’hui plus d’ancienneté que n’importe quel membre du personnel.

Vedette incontestée des lieux, elle voit, chaque jour, des centaines de visiteurs défiler devant sa cage. Naturellement, chacun y va de son petit commentaire...


Nicolas Philibert, le documentariste d’" Etre et avoir ", consacre un film troublant à " Nénette ", ou plutôt à la manière dont, par son regard indifférent et ses silences méditatifs, elle réveille l’anthropomorphisme des visiteurs excités”. Le nouvel observateur


Et voilà qu’on est émus, qu’on s’est mis à aimer ce bloc d’animalité entravée. Sacré Philibert, il y est arrivé : Nénette, c’est nous.” Marianne

Le Territoire des autres de François Bel, Gérard Vienne, Michel Fano

Le Territoire des autres de François Bel, Gérard Vienne, Michel Fano

1970 / France / 92’ / Parafrance

Sept ans de prises de vue d’animaux à l’état sauvage pour que nous devenions les témoins furtifs d’une vie inconnue, c’est le pari si bien réussi.

L’homme, l’ennemi héréditaire, a dû chaque fois guetter, scruter, attendre et attendre encore. Extraordinaire réussite de patience et de talent, ce film est plus qu’un documentaire, c’est de la poésie où le monde animal s’offre à nous dans sa dignité naturelle.


"Le Territoire des autres est un trésor qui doit être chéri par les générations de cinéphiles à venir comme par ceux de la génération d’aujourd’hui qui retrouvent en lui son expression propre. Tous ceux qui le verront seront touchés et y trouveront la présence d’une magie" Orson Welles