17e ÉDITION NOVEMBRE 2016Organisé par
Images en bibliothèques

La Découverte ou l’ignorance de Vincent Jaglin
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Sujets politiques et historiques

Une sélection thématique de films récents soutenus par Images en bibliothèques : sélectionnés par sa commission de bibliothécaires.

Les documentaires sont prospectés par Images en bibliothèques, souvent à travers les festivals (Cinéma du réel, Festival Jean Rouch, FID Marseille, États généraux du documentaire de Lussas, etc.).

Les plus du Mois du doc

Adhérents et membres de soutien d’Images en bibliothèques : N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez obtenir des copies de visionnage des films.


Les films :

A place for everyone

A place for everyone

de Angelos Rallis et Hans Ulrich Gössl

2014 / Belgique / 60’ / AJC

Environ un million de Rwandais furent tués durant le génocide contre les Tutsis en 1994. Depuis deux décennies, les survivants vivent à nouveau ensemble. "Un endroit pour tout le monde" pose un regard sur la manière dont la jeune génération vit le fragile processus de réconciliation d’une société traumatisée.

Alger, après

Alger, après

de Feriel Benzouaoui

2014 /France / 49’ / Capricci films
Bloquée dans les embouteillages, Alger semble paralysée au regard de l’agitation qui règne dans les pays voisins en ces temps de printemps arabes. A bord d’un taxi collectif, les réactions des passagers nous informent sur ce qui empêche d’avancer. Se dessine alors le portrait d’une ville agitée par une contestation sociale permanente, non violente, non spectaculaire et difficile à voir si ce n’est par son impact direct sur le trafic routier de la ville et la façon dont ses habitants y circulent. "Alger, après" est le journal filmé d’Alger, aujourd’hui.
Baisers froids (Besos frios)

Besos Frios (Baisers froids)

de Nicolas Rincon Gille

2015 / Belgique / 15’ / CBA

À la périphérie de Bogota, les voix de jeunes gens assassinés par l’armée semblent résonner encore pour leurs mères. Nicolás Rincón Gille procède ici avec le même alliage de rigueur et de sensibilité à l’œuvre dans les précédents films de son projet au long cours, Campo hablado, qu’il a défini comme "quelque chose qui se construit au moment où on le dit". Le plus souvent off, les témoignages des mères construisent en effet une présence qui relève a priori de l’impossible. Une mère se souvient par exemple que son fils aimait reconnaître des formes dans les nuages, et l’image du film prend le relais de ses paroles. La réalité colombienne récente a brusqué l’imaginaire oral traditionnel sans pour autant le faire taire : il s’adapte, invente une communication avec les "âmes bénies" de ceux dont les croix de bois, plantées sur des tombes aux restes incomplets, ne portent que les dates de décès. Les fragments de vie quotidienne des mères, ciselés dans la durée brève du film, sertissent avec force l’évocation des "baisers glacés" que les fils leur adressent au bord du sommeil. En-deçà du surnaturel, mais au-delà de la superstition, un dialogue s’ébauche, que l’écoute attentive du cinéaste prolonge avec une infinie tendresse. Le carton final, factuel dans son évocation de la violence d’État, vient amplifier vers le collectif et le politique ces délicats éclats individuels. (Charlotte Garson)

Et au centre de la terre il y avait le feu

Et au centre de la terre il y avait le feu

de Bernard Hetzenauer

2014 / Allemagne, Autriche, Equateur / 78’ / Bernard Hetzenauer
Vera Kohn, juive de langue et culture allemande, née à Prague en 1912, a fui en 1939 la Tchécoslovaquie occupée, pour refaire sa vie en Amérique latine en tant que comédienne à Quito, en Equateur. Le traumatisme de la perte de ses racines n’a cessé de l’habiter, et une profonde dépression nerveuse a changé le cours de sa vie. Cet essai documentaire raconte une série de rencontres entre le réalisateur autrichien et cette remarquable psychologue et professeur de philosophie zen, âgée de quatre-vingt dix-huit ans.
François Maspero, les chemins de la liberté

François Maspero, les chemins de la liberté

de Yves Campagna

2014 / France / 82’ / Les Films du Zèbre

François Maspero est un écrivain engagé dans le siècle refusant d’être un spectateur du monde. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, des femmes et des hommes ont espéré changer le monde, François Maspero en fut. C’est dans sa famille qu’il a appris très tôt le sens du mot Résistance. Cette exigence a façonné sa conduite d’homme libre défendant la liberté de parole, la liberté d’exister de celles et ceux que l’oppression voulait réduire au silence. Les combats de l’éditeur d’hier coulent dans les mots de l’écrivain d’aujourd’hui. Il est devenu ce « voyageur étonné » pour qui tous les murs et toutes les frontières doivent être traversés. Ce film portrait de François Maspero nous invite à marcher avec lui sur les chemins des paysages humains et de la liberté.


François Maspero, Les Chemins de la liberté... par LESFILMSDUZEBRE

Graine de poilu

Graine de poilu

de Magali Magne

2014 / France / 59’ / A ProPos

D’origine franco-allemande, l’artiste plasticienne Béatrice Turquand d’Auzay fait de la Grande Guerre la matière de ses œuvres. En juillet 1916, son grand-père Wilhelm combat dans les troupes allemandes tandis qu’André, son grand-père français, meurt dans les tranchées de la Somme. Près d’un siècle plus tard, grâce à son travail et à la transmission de son art et de son histoire, l’artiste redonne corps et âme au soldat disparu et, avec lui, à cette multitude de vies prises dans les rets de la grande histoire.

Je suis le peuple

Je suis le peuple

de Anna Roussillon

2014 / France / 111’ / Hautlesmains productions

En janvier 2011 en Egypte les manifestations anti-gouvernementales rassemblent des dizaines de milliers de personnes dans les rues du Caire, tandis que les villageois des campagnes du sud suivent les évènements de la Place Tahrir via leurs écrans de télévision et les journaux. Du renversement de Moubarak à l’élection et la chute de Mohamed Morsi, le film suit ces bouleversements politiques du point de vue d’un village de la vallée de Louxor. Entre espoirs et déceptions, le changement se fait attendre.

Extrait "JE SUIS LE PEUPLE" de Anna Roussillon from hautlesmains prod on Vimeo.

L’Héritage retrouvé

L’Héritage retrouvé

de Pierre Goetschel

2014 / France / 72’ / Leitmotiv production

A partir d’objets rassemblés dans deux boîtes, le réalisateur part en quête de la mémoire de ses grands-parents, qu’il n’a pas connus. Leurs traces, retrouvées dans des rapports de police, de renseignements généraux ou encore dans des courriers administratifs, révèlent une destinée collective restée dans l’ombre de la mémoire familiale : avec la guerre, un très grand nombre de réfugiés juifs français et étrangers ont été envoyés à Limoges. Tout un monde s’est organisé dans la tourmente, une communauté de destin s’est mise en place. A travers des lieux, des archives et les derniers témoins retrouvés, tous ces fragments retissent le parcours singulier d’un couple dans la guerre, entre solidarité, entraide et résistance.


L’héritage retrouvé - Extrait par fondationshoah

La balada del oppenheimer park

La balada del oppenheimer park

de Juan Manuel Sepulveda

2016 / Mexique / 71’ / Fragua Cine

"L’est du centre-ville de Vancouver est l’une des plus grandes concentrations de communautés natives du Canada urbain [...]. Oppenheimer Park, cimetière indien avant la colonisation, est au centre de ce quartier que certains considèrent comme la plus grande réserve canadienne". Avec un sens aigu du cadre, Juan Manuel Sepúlveda se tient dans les limites de ce parc et y filme le quotidien de Harley, Bear, Janet et Dave. Quotidien ? En réalité chacun des gestes de ces personnes visiblement déplacées, sans logis, relève du rituel. "Vous êtes en terre native confisquée !", entend- on au loin, peu après avoir vu un chariot de western prendre feu... Désocialisés, exsangues, les usagers du lieu ne jouent pas sur une quelconque image du Peau-Rouge. Ils viennent d’ailleurs de tribus différentes ("Retourne dans ta réserve ! – Et toi dans la tienne ! " se lance-t-on quand on a trop bu).
Mais le cinéaste saisit avec précision leur conscience douloureuse du folklore : les effigies en carton grandeur nature de chefs indiens célèbres surgissent parfois entre deux bancs, contrastant avec les corps alourdis par l’alcool. Un dernier rite, perçu comme une dégradation par une intervenante qui reste hors-champ, finit de réinvestir symboliquement ce parc où la société non-native ne semble venir que pour "recadrer" les natifs, les tenir, pour ainsi dire, en réserve. (Charlotte Garson)

La Découverte ou l’ignorance

La Découverte ou l’ignorance

de Vincent Jaglin

2014 / France / 90’ / CHAZ Productions

Enfant, passionné d’Histoire, j’aimais à me déguiser en résistant. Mais un jour, on m’apprit qu’en 1944 mes grands oncles maternels Job et Pierre, fervents nationalistes bretons, avaient activement collaboré. Au nom de Dieu et de la Bretagne, ils se sont battus contre la Résistance, au sein d’une milice sous uniforme SS : la « Formation Perrot ». Après plusieurs années de recherche, je pars enfin sur les traces des fantômes de ma famille, à travers la Bretagne, l’Allemagne et l’Irlande...

La Petite Roquette

La petite Roquette

de Guillaume Attencourt

2013 / France / 77’ / Guillaume Attencourt

Le documentaire s’attache à ressusciter cette prison de la Petite Roquette de l’architecte Hippolyte Lebas, éclose au XIXème siècle (en 1836) et détruite en 1974 par la puissance publique pour être remplacée par un square, des aires de jeux, des logements. Le lieu aurait pu faire une archive passionnante puisque à la fois première prison de type panoptique de France, et reflet de l’appétence du régime de l’époque pour ce type de construction luxueuse et gigantesque. Ainsi, grâce aux témoignages des femmes (détenues, religieuses, éducatrices, femme pasteur…) qui ont connu la Petite Roquette et aux archives visuelles, la prison rejaillit le temps du film et reconstitue un univers carcéral pris dans la grande Histoire (Guerre d’Algérie, Guerre Froide et Mai 68) et dans l’histoire singulière de ces femmes de petites conditions incarcérées pour des faits souvent mineurs.

La promesse de Franco

La Promesse de Franco

de Marc Weymuller

2013 / France, Espagne, 123’ / Les films de l’Avalée

Au nord de l’Espagne, en plein cœur de l’Aragon : des maisons en ruine, des façades éventrées et des rues qui se perdent parmi les décombres. Ce sont les restes de l’ancien village de Belchite qui fut le théâtre, durant la guerre civile espagnole, de très violents combats. À quelques centaines de mètres de là, on trouve le "nouveau" village, construit dans les années cinquante, sur l’ordre de Franco. Les deux villages vivent ainsi, côte à côte, dans la coexistence énigmatique du passé et du présent. Mais rien ne semble parvenir à les relier. Confrontés au mutisme des pères, les enfants s’interrogent. Face aux décombres, chacun raconte son histoire…

La Promesse de Franco from Marc WEYMULLER on Vimeo.

Le dernier continent

Le Dernier continent

de Vincent Lapize

2015 / France / 77’ / A perte de vue, Réel factory

Sur une durée de deux ans, du printemps 2012 au printemps 2014, Le Dernier Continent construit la fresque d’une expérience politique mouvante : celle mise en place par les opposants au projet d’Aéroport Grand-Ouest à Notre-Dame-des- Landes.

Le dernier continent - Teaser 1 from Réel Factory on Vimeo.

Le fils de Cain

Le Fils de Cain

de Marcell Gero

2014 / France, Hongrie / 104’ / JBA

Plongés dès l’enfance dans les profondeurs de l’abîme, trouveront-ils un moyen de réintégrer la société ? Fils de Caïn livre le récit de trois hommes au passé sombre : Pali, József et Zsolt, meurtriers de 14 à 15 ans, ont passé une grande partie de leur vie dans les prisons de la Hongrie communiste. Dans des vidéos d’archive aussi impressionnantes que troublantes remontant à leur incarcération, les trois adolescents méditent sur leurs crimes… et leurs perspectives d’avenir. Aujourd’hui, 30 ans se sont écoulés, ils ont payé leur dette. Ils sont désormais à la recherche d’une place dans une société fort changée. Le réalisateur Marcell Gero a accompagné les trois hommes dans leur quotidien actuel. Fils de Caïn brosse le portrait de trois jeunes meurtriers et présente la Hongrie sous un tout autre visage.

Le nom des 86

Le nom des 86

de Emmanuel Heyd et Raphaël Toledano

France / 2014 / 63’ / Dora films

86 juifs sélectionnés au camp d’Auschwitz sont déportés à l’été 1943 au camp de Natzweiler-Struthof où une chambre à gaz a été spécialement aménagée pour les tuer. August Hirt, directeur de l’Institut d’anatomie de Strasbourg, souhaite constituer une collection de squelettes juifs, pour garder trace de cette "race qui incarne une sous-humanité repoussante, mais caractéristique". Comment ce sinistre projet a-t-il vu le jour ? Que sont devenus les 86 juifs gazés pour cette collection anatomique ? Sur les lieux du crime, experts, témoins et acteurs de la mémoire font le récit d’un des plus tragiques épisodes de la Seconde Guerre mondiale, emblématique de la Shoah et des dérives de la science sous le nazisme, tout en questionnant la difficile mémoire du crime et ses implications éthiques. Mais cette histoire, c’est aussi et surtout le combat d’un journaliste allemand pour redonner une identité à ces hommes et femmes réduits à une liste de matricules. L’inlassable quête pour retrouver le nom des 86.

Les balles du 14 juillet 1953

Les balles du 14 juillet 1953

de Daniel Kupferstein

2014 / France / 90’ / Daniel Kupferstein

Le 14 juillet 1953, un drame terrible s’est déroulé en plein Paris. Au moment de la dislocation d’une manifestation en l’honneur de la Révolution Française, la police parisienne a chargé un cortège de manifestants algériens. Sept personnes (6 Algériens et un Français) ont été tuées et une centaine de manifestants ont été blessés et plus de quarante par balles. Un vrai carnage. Cette histoire est quasiment inconnue. Pratiquement personne n’est au courant de son existence. Comme si une page d’histoire avait été déchirée et mise à la poubelle. En France comme en Algérie. Ce film, est l’histoire d’une longue enquête contre l’amnésie. Enquête au jour le jour, pour retrouver des témoins, pour faire parler les historiens, pour reprendre les informations dans les journaux de l’époque, dans les archives et autres centres de documentation afin de reconstituer au mieux le déroulement de ce drame mais aussi pour comprendre comment ce mensonge d’Etat a si bien fonctionné. Avant que les derniers témoins ne disparaissent, il est temps que l’histoire de ce massacre sorte de l’oubli.

Les balles du 14 juillet 1953 from Daniel Kupferstein on Vimeo.

Loin des bombes

Loin des bombes

de Chloé Glotin

2014 / France / 52’ / Ciné-sud promotion
Port stratégique durant la seconde guerre mondiale, Saint-Nazaire va subir des bombardements alliés dès 1941. La situation de ses habitants devient vite difficile, et mettre les enfants à l’abri est une priorité. Comme René qui avait 9 ans lorsqu’il est parti vers Oran, comme Yves, 7 ans, et sa sœur de 5 ans, Françoise, dirigés vers la Suisse, une poignée d’entre eux racontent ces évacuations, la séparation d’avec leur famille et leur nouveau foyer. Et si cet accueil a pris des formes différentes, tous ont été fortement marqués. 70 ans plus tard, ils racontent...
Ma chambre syrienne

Ma chambre syrienne

de Hazem Alhamwi

2014 / France, Syrie / 70’ / Cosmographe
Ancien étudiant des Beaux-Arts né en 1980, le réalisateur syrien Hazem Alhamwi se souvient de sa vie en Syrie, de son enfance à la révolution née du printemps arabe, en 2011. Dans un pays paralysé par l’oppression et le culte du chef, il a trouvé sa voie entre les quatre murs de sa chambre, dessinant comme un forcené pour traduire la peur et la douleur qui oppressaient voisins, amis, artistes et créateurs. Des dessins qu’en 2011, il commence à filmer pour les croiser avec les témoignages, parfois anonymes, de son entourage. Plusieurs de ses interlocuteurs, ayant déjà connu de longues années de prison, redoutent de nouvelles répressions. D’autant qu’entre le début du tournage et sa fin, il y a quelques mois, la situation n’a cessé d’empirer. Plus ou moins libre au début de la révolution, la parole est devenue dangereuse. Filmer, malgré le danger qui guette…
On est vivants

On est vivants

de Carmen Castillo

2014 / France / 100’ / Les films d’ici

Un film sur l’engagement politique aujourd’hui à la lumière d’un dialogue sensible avec la pensée de Daniel Bensaïd, philosophe et militant, récemment disparu. Avec Daniel, présent en image, et avec ses textes, la réalisatrice voyage dans l’espace et dans le temps, à la rencontre de ces inconnus indispensables qui font la grandeur de la politique. Avec ses désarrois, ses doutes mais aussi ses convictions, elle cherche inlassablement une réponse à la question : qu’est-ce qui fait avancer, quand tant d’autres se découragent, ceux qui persistent à vouloir changer le cours du monde ?

S’enfuir

S’enfuir

de Joachim Thome

2014 / Belgique / 75’ / CBA

Albert Huybrechts est une énigme. Prisonnier de ses origines prolétaires et d’une famille aliénante, la musique fut son salut, sa fuite. Sa mort en 1938 ne lui laissa que peu de temps pour faire entendre ses compositions, pourtant magistrales. Aujourd’hui, on redécouvre son œuvre et sa vie singulière, comme une lettre qui aurait glissé sous un meuble. A partir d’un manuscrit écrit par le frère de l’artiste, le film développe une forme libre, mélange de voix, de musique, d’inventions et de réel. S’ensuit une plongée troublante et émouvante dans l’intimité d’un des plus grands compositeurs belges du XXème siècle.

S’ENFUIR I Bande-annonce from Les Productions du Verger on Vimeo.

Souvenirs d’un futur radieux

Souvenirs d’un futur radieux

de José Vieira

2014 / France / 90’ / Zeugma films

"Souvenirs d’un futur radieux" est l’histoire croisée de deux bidonvilles qui se sont construits, à 40 ans d’intervalle, sur un même territoire, hors la ville. À Massy, dans la banlieue sud de Paris, nous habitions un bidonville par temps de croissance, de plein emploi et d’avenir prometteur. C’était les années 60. Ils vivent dans un taudis dans un climat de crise, de chômage et d’exclusion. Nous sommes au début des années 2000. Ils viennent d’une région rurale où il n’y a pas de travail, où ils n’ont pas de terre. Pour la plupart ce sont des Roms, ils portent une lourde histoire. Ils fuient un pays où ils sont rejetés. Nous avions fui une société quasi-féodale, une dictature héritée de l’inquisition. Notre bidonville était peuplé de paysans pour la plupart analphabètes qui venaient de villages enclavés depuis des siècles. Nous venions du Portugal, ils viennent de Roumanie. Les regards croisés sur ces deux immigrations, traversés par des actualités des Trente Glorieuses et des années 2000, nous interrogent sur notre hospitalité, sur le traitement infligé par la France à ses étrangers, esquissent une mémoire commune des bidonvilles et témoignent que l’immigration est une histoire. L’histoire de gens luttant pour sortir de la misère, et persévérant, malgré les discriminations, dans leur combat pour la reconnaissance

Souvenirs d un futur radieux Trailer - FDH 2015 from Ao Norte on Vimeo.

The benevolant dictator

The benevolant dictator

de Bernhard Braunstein, Albert Lichtblau, Martin Hasenöhrl

2016 / Autriche / 35’ / Schaller 08
Juif viennois qui put quitter l’Autriche en 1938 via le système du Kindertransport, Norbert Abeles est devenu fonctionnaire colonial britannique en Afrique dans les années cinquante. Désormais nonagénaire, il vit au Malawi où il s’est remarié, après de nombreuses années au service d’institutions comme l’Unesco, mais aussi de despotes africains. Les réalisateurs tournent au présent, sans l’appui d’archives, créant une tension entre le témoignage de cet ancien enfant battu qui a dû s’endurcir pour survivre et des plans de sa vie présente. Dans son pays d’adoption, sa richesse, fût-elle relative, a de longue date instauré des relations inégales entre ses douze employés de maison, son épouse et lui. "Je savais que le Malawi n’était pas démocratique, j’avais vu plein de dictatures… On met ça de côté en utilisant la situation à son avantage." Entre analyse lucide des mécanismes coloniaux (en particulier économiques) et cynisme pur et simple, son discours devient d’autant plus terrible qu’il est mis en contraste avec des situations quotidiennes, presque sans paroles, où son entourage travaille pour lui sans relâche. Proche de la sécheresse grinçante et frontale d’un Ulrich Seidl, le ton de The Benevolent Dictator utilise l’acuité de ce regard expérimenté pour comprendre la perpétuation délibérée d’une vision du monde tranquillement dictatoriale. Le finale glaçant du film a des allures de "CQFD". (Charlotte Garson)